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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 09:47

La-Demande-en-Mariage-et-L-Ours.jpegRetrouvez ma critique sur le site Les Trois Coups

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 16:48

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 18:57

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 15:23

disabled-theater.jpegPeut-on se permettre de tout exposer sur une scène de théâtre ? L’observation de la représentation de l’autre, en tant que telle, peut-elle être considérée comme un spectacle et non comme du voyeurisme ? C’est à ce genre d’interrogation que Jérôme Bel tente de répondre en nous présentant Disabled Theater au Théâtre du Centre Pompidou dans ce désir d’utiliser le théâtre comme le lieu d’expression d’une réalité dissimulée. Douze hommes et femmes atteints de trisomie 21, ou considérés comme « lents » par la société, occuperont l’espace du plateau en se présentant et en se représentant tour à tour, en pleine conscience d’être le sujet central de cette performance. Les premiers instants apparaissent comme une phase d’adaptation pour les spectateurs qui sont confrontés à la différence physique et aux troubles comportementaux qui réveillent en nous des émotions violentes. Se dessineraient même, selon certains, à travers leurs tocs et leurs obsessions, des airs de "Freak Show". Il y a réellement une volonté du metteur en scène de vouloir dénoncer, à l’état brut, une vérité violente, et souvent cachée, tout en déviant les clichés de la peur et de la pitié. La scène se transforme, alors, subitement, en un espace de liberté du corps, à défaut d’une défaillance d’esprit qui les enferment et les emmurent. Pur moment d’intense partage, où nous découvrons leur personnalité attachante et leurs talents artistiques à travers l’évasion de la danse et certains points de vues sur leur condition. A l’encontre de ce qui ressemblerait à une intrusion au sein d’une intimité collective, fragile et tabou, Disabled Theater est un hymne à la vie, un échange fort d’humour et de dynamisme, dans lequel la générosité prime car elle reste l’essence même du théâtre. Jérôme Bel, avec l’aide de ces merveilleux comédiens, semblent vouloir donner une leçon à la morale et aux esprits étriqués, qui se préservent dans leurs conventions en préférant ignorer une réalité mise en lumière par cette performance ; laquelle, au-delà d’un cri à la vie et d’un naturel spontané, est un hommage aux hommes dans toutes leurs particularités et leurs richesses.

 

Festival d'Automne

Disabled Theater, concept de Jérôme Bel, Theater HORA

De et avec  Damian Bright, Matthias Brücker, Remo Beuggert, Matthias Grandjean, Gianni Blumer, Julia Häusermann, Sara Hess, Miranda Hossle, Lorraine Meier, Tiziana Pagliaro, Peter Keller.

Du 10 au 13 Octobre 2012

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 10:48

la-mouette-athenee.jpegPour La Mouette, Arthur Nauzyciel était tombé dans le piège d’un excès de modernisme. Alain Françon avait mis en scène Oncle Vania dans un respect du texte et du cadre traditionnel. Christian Benedetti choisira de traiter ces deux œuvres de Tchekhov en transformant les atmosphères et les thématiques qui en ressortent, en déplaçant le sujet vers une problématique du temps liée à la saveur insaisissable de l’instant présent.  Il est donc nécessaire de voir l'intégral des deux pièces, afin de s'imprégner de l'univers du metteur en scène.

 

L’humour semble être un des maîtres mots de ces deux mises en scènes. A partir d’un propos parfois noir et cynique, il apparaît comme un élan de légèreté et un détachement prononcé vis-à-vis de l’action. Trigorine, célèbre écrivain charmeur, se transforme en artiste fataliste, insatisfait de son sort actuel. Astrov, le séduisant et délicat intellectuel, sera effacé par le visage d’un rustre impatient, sans manières. Benedetti réadapte les personnages en les inscrivant dans une réalité plus dure et moins romantique. Il y a une mise en avant des comportements plus spontanés, un bouleversement des attitudes dans leur rapport au temps. En cela, il aligne tous les personnages sur un pied d’estale, effaçant la hiérarchie et la notion de personnages principaux. Ils sont alors confrontés au même problème : leur gestion et leur appréhension de la temporalité qu’ils n’affrontent pas comme ils le devraient. Leur diction du texte est rapide ; parfois, ils récitent leur texte à toute allure, comme par peur du manque de temps.

 

Dans La Mouette, Nina la jeune première admirative et naïve se transforme en personnage sauvage et lointain, en un être furtif et pressé, loin des centres de préoccupation. La question de la perte artistique n’est plus au cœur du propos. Cette passion pour le théâtre est abordée de manière extérieure, par le biais de la mise en scène qui lui rend hommage. Quant à l’amour dévorant de Treplev pour Nina, cette passion suicidaire qui le fait passer à côté de sa vie, Benedetti ne s’y attarde pas. L’admiration et l’attirance secrète que Nina ressent à l’égard de Treplev est également étouffée par le dynamisme et la pudeur des personnages.

 

Dans son adaptation d’Oncle Vania, le propos est également décentré, moins focalisé sur les sentiments qui sont une perte de temps. Le metteur en scène se concentre peu sur cette idée du drame de la solitude éternelle et de la fatalité d’un triste futur. Il casse l’effet de cohésion présent dans La Mouette et laisse les personnages éparpillés, seuls face à leur réalité, celle du présent et d’un futur bien noir. Il s’agit alors d’un travail sur le personnage en tant que tel, à défaut du portrait d’une société contemporaine qui perdure malgré tout dans cette idée d’indépendance les uns des autres. L’amour entre Elena et Astrov est de nouveau survolé ; la dimension indélicate de l’homme et la réserve de la femme pressée sont davantage soulignés. Seul le personnage de Sonia semble être pourvu de vrais sentiments. Peut-être est-ce parce qu’elle est la seule à vivre consciemment chaque moment dans cette bataille contre la solitude et l’acceptation de soi ? Peut-être est-ce l’un des seuls personnages des deux pièces à ne pas porter de masque et à rester ? La comédienne Judith Morisseau excelle, en effet, dans cette conscience du poids de la fatalité et de la solitude éternelle. Quant aux émotions, elles sont dissoutes mais, cependant, persistantes et présentes à travers la mise en scène et le jeu des personnages sans cesse marqué par des pauses intentionnelles. Les voix se taisent, les corps se figent et le temps est enfin suspendu pour laisser place à un lourd silence qui illustre et marque au fer ces instants forts en émotions, ces moments charnières dans l’action.

 

La déconstruction d’une adaptation traditionnelle de Tchekhov opère également ici dans le choix de la scénographie. Il n’est nullement question d’instaurer un décor chaleureux ou réaliste, comme Hélène Ziddy-Chéry pour La Mouette ou Marcel Maréchal pour Oncle Vania, qui inviterait les personnages à s’installer dans un cadre spatio-temporel défini et propice à l’expression de soi. La scène est aussi réduite au traitement du temps et se retrouve complètement épurée, presque sans autres âmes que celles des comédiens. Loin de cette atmosphère accueillante et confinée que nous décrit Tchekhov, Christian Benedetti opte pour un décor sans marques, comme les personnages, mais un décor en train de se réaliser. Nul besoin d’artifice lorsque l’on possède une craie qui permet à tout instant d’imaginer et de tout créer. Les personnages sont donc seuls représentants d’une situation et d’un cadre qui de par les choix de mises en scènes restent bien enracinés dans l’espace du théâtre. Durant les deux pièces, à aucun moment la salle du Théâtre de l’Athénée, ne se retrouve plongée dans le noir. La scène du Théâtre devient celle de la représentation de Treplev, les personnages sont alors comédiens et ralliés au public, spectateurs, au sein même de la représentation. C’est dans cette idée d’un théâtre mis à nu que le public reste dans la lumière mais aussi dans cette idée de confusion d'un espace temporel or de la fiction. La lumière brise l’illusion théâtrale et fait apparaître la scène comme un reflet de la vie et comme une scène de théâtre en tant que telle. Aussi, les changements de décor sont entrepris à vue, dans l’enchaînement de l’action saccadée.

 

En présentant à la suite La Mouette et Oncle Vania, Christian Benedetti rend hommage à Tchekhov à travers un hymne au théâtre qui tend à être vu différemment, car là est toute la force de cet art qui permet de réadapter un texte à l’infini, selon ses prises de positions. Ici, le metteur en scène et les comédiens nous présentent un travail sur le temps suspendu, sur un présent inexistant où les images s’enchaînent, de peur d’être capturées, où, comme le souhaitait Tchekhov, la place du spectateur est remise en question et prise en considération dans la gestion et l’appréhension de sa réalité, à laquelle il se retrouve confronté.

 

Théâtre de l'Athénée

La Mouette et Oncle Vania, écrits par Anton Tchekohv, mise en scène de Christian Benedetti

Avec Christian Benedetti, Brigitte Barilley, Christophe Caustier, Philippe Crubézy, Marie-Laudes Emond, Laurent Huon, Florence Janas, Xavier Legrand, Jean Lescot, Jean-Pierre Moulin, Nina Renaux, Pierre Banderet, Judith Morisseau et Isabelle Sadoyan

Du 28 Septembre au 13 Octobre 2012

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 10:32

untitled-feminist-show.jpegLa nudité, forme redondante au théâtre, peut parfois s’avérer choquante et destabilisante pour un public amateur, mais surtout, injustifiée, jugée comme un effet de mode bien trop facile, pour un spectateur confirmé. S’inscrivant dans la lignée des formes expérimentales du Théâtre de Gennevilliers, Untitled Feminist Show est la preuve éclatante qu’un corps nu, ici six, dans la lumière d’une démarche et d’une prise de position perceptible, est entièrement légitime et tellement bien traité que l’on en oublie l’incongruité qu’il peut soulever. Young Jean Lee déjoue les codes de la société et nous présente six artistes dénuées de tout artifice, six femmes aux physiques distincts, mais sur un même pied d’égalité : celui du corps et de la liberté d’expression. Le travail du corps est, en effet, central dans cette volonté de dénonciation d’une société manichéenne et conventionnelle. Ainsi, la parole disparaît, à défaut des courbes féminines qui oscillent à travers danses et postures comiques, sur les rythmes entraînants d’une musique presque incessante. L’humour omniprésent permet à ces femmes de s’exprimer sur des sujets connotés vulgaires, violents et quotidiens, les poussant à rompre la frontière entre les deux sexes pour le plus grand plaisir du spectateur qui se laisse porter à cette légèreté mêlant le second degré à une esthétique atypique et assumée.

 

Théâtre de Gennevilliers

 

Untitled Feminist Show, conception et mise en scène de Young Jean Lee

Avec Becca Blackwell, Cynthia Hopkins, Amelia Zirin-Brown (aka Lady Rizo), Hilary Clark, Katy Pyle et Regina Rocke

Du 3 au 7 Octobre 2012

 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 16:31

la-petite.jpegTiraillée entre phases poétiques et moments dramatiques, La Petite, c’est l’histoire de la femme, de celle qui quitte la vie en la donnant et transmet, malgré elle, cette malédiction à sa descendance. Partagée entre peur et croyance, victime du jugement honteux d’autrui, "la Petite" est avant tout en quête de ses racines. Elle doit trouver qui elle est pour mieux donner naissance au prolongement d’elle-même. Perdue entre l’illusion du théâtre et la réalité du drame, vide de tout souvenir, elle tentera de construire un futur et de retrouver un passé. L’émotion est trés forte. Certains passages, emplis de lyrisme et de rêveries, rappellent l’ambiance narrée des contes mis en scène par Jöel Pommerat. Néanmoins, ces instants suspendus s’effondrent aussitôt, interrompus par le dynamisme scénique. L’atmosphère propice aux sentiments poignants et bouleversants, se prêtant à une réaction sensible que les spectateurs semblent disposés à ressentir, sans pour autant tomber dans du larmoyant  mêlé à de la pitié, est soudainement rompue, et provoque, alors, une profonde frustration. La forme reste cependant intéressante de par une mise en scène d’Anna Nozière, dynamique et très variée. Les comédiens mettent en valeur leurs corps ainsi que l’espace scénique. Le jeu est riche, rempli de spontanéité et de liberté d’expression qui évolue en même temps que "la Petite", dont l’interprétation de Virginie Colemyn, agrémentée d’un timbre de voix très particulier, sublime ce personnage à la poursuite de sa vie troublée par l’errance de la mort. La forme est donc minutieusement travaillée, à défaut du fond, qui tourne en boucle, comme un vieux disque rayé. Anna Nozière et les comédiens semblent vouloir traiter le sujet de toutes les manières possibles, jusqu’à épuisement, ce qui crée un effet de répétition un peu lassant. Pourtant, toujours dans une idée, ici omniprésente, de brouiller les frontières entre théâtre et réalité, entre l’illusion et la vie, Anna Nozière s’inscrit dans la lignée de Pirandello et répond à son texte Six Personnages en quête d’auteur , monté par Stéphane Braunschweig et joué le même soir, en même temps, dans la salle principale du Théâtre de la Colline.

 

Théâtre National de la Colline 

 

La Petite, écrite et mise en scène par Anna Nozière

Avec Virginie Colemyn, Sarajeanne Drillaud, Fabrice Gaillard, Martial Jacques, Claire-Monique Scherer, Delphine Simon et la voix de Catherine Hiegel.

Du 27 Septembre au 27 Octobre 2012

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 11:13

six-personnages-en-quete-d-auteur.jpegQuel plus bel hommage rendu au théâtre en tant qu’art de représentation complexe, mêlé à un désir d’acteur, que de monter une pièce du célèbre auteur dramatique Pirandello. Une force d’écriture puisant son intelligence dans une réflexion sur les enjeux et les frontières du théâtre, mais surtout dans cette problématique du comédien et de son rôle. Dans Se Trouver, déjà représentée au Théâtre de la Colline, la question de l’incarnation d’un personnage et de sa limite avec l’identité propre du comédien était développée dans les méandres du plateau. Dans Six Personnages en quête d’auteur, écrit bien des années auparavant, la notion de la représentation en tant que comédien, sans pour autant renier la présence du réel, était déjà omniprésente. Au théâtre, le rôle du comédien est-il de représenter une fiction ou une vérité qui lui est éloignée ? Peut-il jouer sa propre histoire à travers qui il est ? La présence du texte est-elle alors indispensable si le théâtre émane de notre être ? L’existence et la nécessité de l’auteur sont alors remises en question avec cette possibilité d’indépendance entre le texte et la scène. Ici, ceux que nous appellerons les personnages, évoluent en étant leur drame ; ils incarnent et sont le texte puisqu’ils sont en quête de représenter leur propre histoire ; là est tout l’enjeu de la pièce. La question du mimétisme est alors abordée de manière intéressante et dérivée par le metteur en scène Stéphane Braunschweig dont la direction d’acteur et l’adaptation du texte poussent "les comédiens" à observer les "personnages" qu’ils incarneront afin de tenter de les imiter à leur manière, à travers l’art du théâtre et du jeu qu’on leur a enseigné. Nous sortons de l’incarnation pour aboutir à la représentation. Néanmoins, une étrange évolution, sûrement poussée par le désir de reconnaissance et d’être à leur tour des personnages à part entière, entraînera "les comédiens" à incarner leur propre rôle, tout d’abord en mettant en avant leurs jugements propres et profonds concernant ces personnages en quête d’auteur ; mais surtout, ils semblent incarner le drame de ces six êtres de la manière dont eux l’auraient vécu, en remplaçant leur histoire à eux par leurs réactions personnelles. Les frontières sont dissoutes, la réalité scénique incessamment remise en question et les deux camps sont spectateurs à tour de rôle. Ce sentiment d’instabilité est renforcé par le dispositif scénique qui appuie sur l’idée d’un multiple spectacle illustré par des miroirs en fond de scène laissant apparaître les reflets des spectateurs, vivant leur histoire de spetacteur. Enfin, un espace scénique fait office de décor, ce qui multiplie cet effet de théâtre dans le théâtre. Une sensation qui provoque le trouble, un déboussolement amplifié par l’incorporation de vidéos qui ajoutent une note d’irrationnel et déstabilisent autant le public que ceux qui incarnent les comédiens. Stéphane Braunschweig peut alors être fier de sa mise en scène et du talent de ses brillants comédiens, particulièrement Philippe Girard et Maud Le Grévellec, qui subliment le texte interrogateur et labyrinthique de Pirandello, lui restant fidèles à travers la beauté et l’éloquence de leur jeu qui illustre à merveille cette réflexion et ce débat sur la représentation, jusqu’à semer le doute chez le spectateur privé de repères, abandonné pour son plus grand plaisir aux abîmes de cet art sinueux. La preuve encore qu’un texte brillant et bien adapté à son temps peut parcourir les siècles et entraîner la polémique sans prendre une ride.

 

Théâtre de la Colline

 

Six Personnages en quête d'auteur, écrit par Luigi Pirandello mis en scène par Stéphane Brauschweig

Avec  Elsa Bouchain, Christophe Brault, Caroline Chaniolleau, Claude Duparfait, Philippe Girard, Anthony Jeanne, Maud Le Grévellec, Anne-Laure Tondu, Manuel Vallade, Emmanuel Vérité, avec la participation d'Annie Mercier

Du 05 Septembre au 07 Octobre 2012

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 10:49

Unknown.jpegCurieux de voir la scène du Théâtre de la Ville vibrer aux mouvements d’amateurs dirigés par Thierry Thieû Niang et Jean-Pierre Moulères ! Notre présence est d’abord justifiée par la participation de Patrice Chéreau, une valeur sûre du Théâtre français. Ce metteur en scène de qualité, associé, une fois de plus, à ce chorégraphe de renom, semblait être destiné à accomplir une création commune de qualité. Du Printempsdébute par un extrait des « Carnets » de Nijinski, conté et interprété par un Chéreau pieds nus, texte à la main, éclairé d’une simple lumière, sur une scène dénudée aux airs de no man’s land. Ecrits mêlant absurdité et réflexion sur la vie et le Théâtre, Chéreau incarne parfaitement les différents rythmes du texte et introduit alors la notion de mouvement qui mènera à l’apparition de la Danse. Vingt cinq seniors amateurs prennent alors possession de la scène, explorant les différences de rythme et de vitesse, entraînant un rapport au temps, s’écoulant et se courant au son de Stravinsky. Cet aspect parfois mécanique, laissant apparaître une machine humaine grouillante, crée une dynamique visuelle intéressante. Néanmoins, cette proposition semble peu originale, ne provoquant aucune émotion chez le spectateur confirmé, auparavant déjà confronté un nombre de fois interminable au traitement du rythme dans ce rapport au temps. Il ne s’agit que de danseurs novices, d’une masse que l’on observe effectuer des tours à des cadences variées. La seule beauté émane de ces corps qui, flétris, sont marqués par la réalité des années. La poésie et la violence résident dans ce que ces personnes sont, en tant qu’êtres et moins dans ce que Thieû Niang tente d’exprimer. Les regroupements autour d’une même âme à la Pina Bausch résultent d’une inspiration connue et non d’une création remarquée. Ainsi, ce tableau est quelque peu fade, en manque d’amertume et de chaleur. La lumière reste cependant le point fort de ce spectacle. Eric Soyer a réussi, de manière talentueuse, à mettre en valeur cette immense scène dénudée, lui offrant à maintes reprises des airs hollywoodiens, presque habillée de noir et blanc.

   

Théâtre de la Ville

Du Printemps, chorégraphie de Thierry Thieû Niang et Jean-Pierre Moulères

Avec 25 interprètes amateurs et la participation de Patrice Chéreau

Du 10 au 20 Septembre 2012

 


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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 16:54

callas.jpegDans un désir trop intense de vouloir représenter cette grande cantatrice que fut Maria Callas, la comédienne Noémie Bianco, seule sur scène, tombe les mains liées dans le piège du mimétisme. Loin d’une volonté d’exprimer et de faire ressentir au public les nuances entre l’artiste et la femme, le public est assailli de clichés et d’exagérations qui brisent tout l’intérêt de l’ambivalence de ce personnage. Grande diva à l’aura naturelle et au charme brut de caractère, cette femme rebelle, mais aux plaisirs simples, se transforme, sur la scène de La Manufacture des Abbesses, en une célébrité mondaine, ressentant le besoin d’exagérer pour faire vivre "la Callas". Le texte de Callas, écrit par Jean-Yves Picq, reste cependant riche dans cette idée du temps qui passe, du passé que l’on pardonne sans oublier, ajouté à cette vie médiatique qui, mêlant timidité et honte, provoque des angoisses. L’écart entre la réalité de sa vie, celle de l’être, et sa célébrité pailletée, aurait pu être creusé davantage. Quant à la scénographie et à la mise en scène, de Jean-Marc Avocat, aucune originalité et prise de position n’apparaît. Nous restons cantonnés à une table recouverte de micros, afin que le spectateur comprenne bien qu’il s’agit d’une conférence de presse. Tant de possibilités créatives et scéniques sont envisageables avec ce genre de personnage aux multiples facettes qu’autant de pauvreté et de superficiel nous font parfois oublier la force tranquille de Maria Callas. Le jeu de Noémie Bianco n’en reste pas moins intéressant ; elle parvient au milieu d’un accent pronnoncé et de grimaces forcées à suspendre le temps en se perdant dans les méandres des angoisses qui rattrapent  le personnage et le remettent sans cesse en question, jusqu’à l’épuisement.

 

Théâtre de la Manufacture des Abbesses  

 

Callas, texte de Jean-Yves Picq, mise en scène de Jean-Marc Avocat

Avec Noémie Bianco

Du 23 Août au 7 Octobre 2012

 

 

 

 

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  • La salle a payé et on lui doit le spectacle. Tu es la comédienne de théâtre, la splendeur de l'âge du monde, son accomplissement, l'immensité de sa dernière délivrance. Tu as tout oublié sauf Savannah, Savannah Bay. Savannah Bay c'est toi."
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